Switched at Birth : Les détails qui fâchent.

Switched at Birth est une excellente série familiale, et un vrai souffle de fraîcheur qui met enfin la communauté sourde à l’honneur. Les créateurs et scénariste font réellement un bon travail pour tenter de donner une représentation fidèle de la surdité. Mais malgré toute cette bonne volonté, ils ont quand même fait quelques petites erreurs regrettables.

Daphne n’est pas contente. Du tout.

Tout au long de la première saison, la série a su représenter avec justesse la culture sourde, la langue des signes et les différentes manières d’être sourd : que l’on soit « sourd-muet », que l’on oralise comme Daphne par exemple. Mais malheureusement, dans l’épisode « Ecce Mono, » qui met en scène un univers parallèle imaginaire dans lequel Daphne aurait été élevée par ses parents biologiques, les Kennish, et aurait grandi avec un implant cochléaire. Et c’est là que le bât blesse. Si c’est en effet cohérent par rapport à la série et aux personnages, la réprésentation de la manière dont l’implant fonctionne est assez erronée.
Pendant tout l’épisode, Daphne parle sans la moindre trace « d’accent sourd » (les sourds qui oralisent ont toujours une façon de parler particulière, et pour cela la manière de parler de Daphne dans tout le reste de la série est vraiment réaliste), elle comprend parfaitement bien tout le monde tout le temps sans même avoir à lire sur leurs lèvres, même au milieu d’un fête étudiante bruyante. Le problème, c’est qu’en réalité, avec son degré de surdité, les mois qu’elle a passé sans entendre avant d’avoir son implant  à l’âge où l’on apprend à former les mots (elle aurait été opérée autour de ses 3 ans) auraient suffi à modifier un peu sa manière de parler. Plus important encore, elle aurait été opérée à la fin des années 90, signifiant que la technologie de son implant aurait été bien moins avancée qu’aujourd’hui, rendant la compréhension orale absolument imparfaite. Même aujourd’hui, les enfants avec un implant cochléaire bien plus perfectionné au niveau technologique, n’entendent pas parfaitement et ne parlent pas non plus sans la moindre difficulté.
Cette vidéo permet d’entendre une simulation de ce quelqu’un avec un implant cochléaire entend (musique et paroles) :

Evidemment, il est toujours difficile de coller à 100% à la réalité dans une oeuvre de fiction, mais dans une série qui s’efforce de donner l’image la plus fidèle possible de la communauté sourde, c’est dommage de commettre une erreur aussi grossière, d’autant plus que la question de l’implant cochléaire est un sujet assez épineux chez les sourds. Présenter un personnage avec un implant cochléaire est une bonne chose, car c’est tout de même une réalité. Le présenter comme un « remède miracle » est très loin de la vérité, et leur fait du tort.
Un autre problème, cette fois assez récurrent dans la série, est la lecture labiale. En effet, même si Daphne et d’autres personnages précisent parfois, que lire sur les lèvres est fatiguant et leur demande des efforts, elle le fait presque tout le temps face à des gens qui ne parlent pas la langue des signes, et ce sans apparente difficulté, même dans des situations où la personne en face parle très vite et sans faire d’effort particulier. Comme je le précisais dans l’article sur les super-héros, la lecture sur les lèvres est loin d’être « magique » ou efficace à 100%, puisque l’on estime qu’environ 30% du message oral seulement est perçu par la personne sourde qui lit sur les lèvres. Que Daphne n’ait pas le choix que de recourir à cette méthode pour comprendre sa mère (qui ne peut plus signer à cause d’un problème aux mains) ou d’autres personnages qui ne connaissent pas l’ASL, d’accord, mais qu’elle ait ainsi avec eux des conversations parfaitement fluides et normales sans le moindre problème est, encore une fois, très peu réaliste.Le souci avec ces deux incohérences principales dans la série, c’est qu’elles ne rendent pas compte de la difficulté quotidienne des sourds de communiquer avec des entendants qui ne connaissent pas la langue des signes et qui ne font pas d’efforts particuliers. Aucune de ces deux choses ne sont des « solutions miracles » pour la communication entre sourds et entendants. On ne rend pas compte de leur courage, de tous leurs durs efforts, et c’est dommage, car Switched at Birth, est vraiment une série qui pourrait changer la donne dans la manière que nous, entendants, avons de percevoir la surdité.
Espérons qu’à l’avenir, l’accent sera mis sur ces détails qui fâchent et que ceux qui regardent la série sauront aller chercher plus d’infos par eux-mêmes 😉 !
O’Malley 

Deux mains pour le dire – Un roman tendre et bien documenté sur la surdité

 

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler du premier roman que j’ai lu ayant pour thème la surdité d’un des personnages principaux : Deux mains pour le dire, de Didier Jean et ZAD. C’est ce livre qui m’a ouvert les yeux, alors que je n’avais que 12 ou 13 ans, sur ce que c’était d’être sourd et sur la langue des signes. Aujourd’hui encore, quand je le relis, je le trouve vraiment saisissant de vérité et de justesse.

En voici le résumé de quatrième :

« En rentrant de vacances, Manuel est très déçu : son meilleur copain, Jonathan, a déménagé. Dans les lettres qu’ils échangent, Manuel lui explique que la fille des nouveaux locataires, Lisa, est bizarre. Elle ne répond pas quand on lui dit bonjour et ne se retourne même pas quand on l’appelle. Vexé, Manuel commence par la détester. Mais lorsqu’il apprend que la jolie Lisa est sourde, le garçon change d’attitude. Pour elle, il va apprendre la langue des signes. »

J’ai vraiment aimé le fait que l’on apprenne, petit à petit, en même temps que le personnage principal, à entrer dans un monde nouveau, à percevoir les choses différemment. Lisa entraîne Manuel dans son univers, lui montre une autre vision des choses, et l’on prend pleinement conscience qu’être sourd est vraiment une identité, une culture, avec son langage, ses codes, ses modes de vie, et que le mot « handicap » n’a pas sa place dans un monde si riche.
Comme dirait un personnage de Switched At Birth, Melody (interprétée par une actrice malentendante) : “Not hearing loss. Deaf gain.” (« Pas une perte auditive, un gain de surdité »).
Bien sûr, malgré cette fierté et cette revendication, on comprend aussi dans ce livre que ça n’est pas forcément facile tout les jours, mais à vrai dire, le plus dur, c’est l’incompréhension des autres, les préjugés, les idées reçues.

En bref, donc, un excellent livre jeunesse, qui parle de la surdité sans clichés, sans tabous, et avec beaucoup de justesse. On sent que les auteurs, tous les deux entendants, ont pris la question au sérieux, et ont réellement fait un travail de recherche conséquent afin de donner une image la plus fidèle possible de la communauté sourde.

O’Malley

Les différents langages des signes dans le monde

Bonjour !

Alors, comme vous vous en doutez, le langage des signes n’est pas tout à fait universel, il existe en fait à peu près autant de langages des signes qu’il existe de communautés de sourds, mais il y a quand même beaucoup de points communs, je vais vous présenter en présenter quelques unes :

La Langue des Signes Française (LSF)

Elle serait « signée par 100 000 à 200 000 personnes sourdes en France », selon  un rapport d’enquête du ministère de la santé. On doit la LSF à l’Abbé Charles Michel de l’Epée, qui en 1760 fut un des premiers entendants à s’intéresser aux moyens de communication des sourds, en effet, il aurait observé des jumelles sourdes communiquer par les gestes et aurait, sur cette base développé ce langage et l’aurait enseigné. La reconnaissance de cette langue n’est que toute récente ( Loi no 2005-102 du 11 février 2005 ). Voici l’alphabet en vidéo :

La Langue des Signes américaine (ASL)

Elle serait signée, aux États-Unis, par un nombre de personne entre 500 000 et 2 millions. Et cela seulement aux États-Unis, car c’est une langue très répandu dans les coins anglophones du Globe. C’est vraiment le langage des signes le plus répandu dans le monde.

La Langue des Signes Québécoise

Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un mixe entre la LSF et l’ASL mais presque, selon mes sources (Wikipedia pardonnez-moi), cela remonte assez loin, quand les femmes et les hommes étaient encore séparés dans l’enseignement, les femmes avaient plus tendance à utiliser l’ASL et les hommes la LSF. Finalement, cela dépend du niveau de francophonie des personnes, les québécois plus anglophones se pencheront vers l’ASL et les plus francophones vers la LSF, finalement, cette langue porte le nom de LSQ, mais n’a pas d’autre particularité. Malgré cette diversité proposée, les enfants québécois apprennent rarement les deux.

Et pour aller plus loin, avec le XXe siècle et ses nouveauté, a aussi émergé une nouvelle forme de langue des signes un peu particulière, non destinée aux seuls sourds, mais aux enfants en très bas-âge dans le but de communiquer avec les parents le plus tôt possible: la Langue des Signes pour Bébés ! Voici le chemin vers ce petit article intéressant de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_des_signes_pour_b%C3%A9b%C3%A9

En plus la petite est trop choupinette. 🙂

Voilàààà, j’espère que cela vous a plu.

Zazou.

Switched at Birth, une série qui nous apprend…beaucoup de choses ! :D

Attention SPOILERS ! Enfin, quelques uns. Je vous ai déjà parlé de cette série de Lizzy Weiss dans l’article sur La Famille Bélier, cette merveilleuse série qui m’a appris à regarder les sourds de manière différente. Je n’y suis pas confrontée au quotidien, et je me dis que sans cette série, je ne me serais probablement pas intéressée à cette communauté qui est finalement comme nous, avec plus de sensibilité sans doute.

Mais voilà, je suis tombée dessus et je vais vous tomber dessus pour en parler un peu plus en détails.

Tout d’abord, ça commence comme une série américaine « banale », une ado fait sa crise d’identité : Bay se sent différente du reste des membres de sa famille, les Kennish et pour cause, après un test ADN fait pour appuyer un cours de sciences, Bay s’aperçoit qu’elle n’est pas la fille biologique de ses parents qui eux ne sont au courant de rien. Une enquête s’impose et voilà que le nom de la série prend tout son sens :on apprend qu’elle a été échangée à la naissance avec Daphne Vasquez. Les filles et leurs familles respectives décident d’apprendre à se connaître, mais voilà, Daphne après une vilaine méningite à 3 ans s’avère être sourde. C’est là qu’apparaissent les enjeux de la série. En effet, certains diront : « Oh mon dieu ! Elle est sourde ! La pauvre ! » et d’autres diront : « Oui bon, elle est sourde et alors ? » et donc nous voilà face à la thématique principale de la série qui est de faire comprendre à ces premiers que non, pas la pauvre, c’est son identité, elle est pas plus bête ou plus moche qu’une autre (oui j’enfonce le clou de la bêtise). Daphne est sourde, oui, mais Daphne a une personnalité, des rêves, des peurs, des amis, une famille, comme n’importe quelle ado, il faut juste la regarder en face pour lui parler. Et je trouve que c’est un bon point, regarder quelqu’un en face, c’est faire preuve de franchise.

Sont-y pas mignons ? Emmett est tellement sexy !

J’en viens donc à mon deuxième point : les sourds, de par ce manque d’ouïe ont développé une sensibilité plus accrue à la gestuelle de leur entourage. Les échanges passent donc par le langage des mains mais également par les regards et le corps tout entier ! Il y a des scènes saisissantes dans la série, des démonstrations d’amour, des disputes virulentes affreusement pesantes par ce silence justement, tout est dans le geste, le claquement des mains l’une contre l’autre et ces regards furibonds.

Dans le langage des signes, chaque nom est unique : il est donné en fonction de la personne, reprenant une de ses caractéristiques physiques ou un pan de sa personnalité. Par exemple Bay a les cheveux longs et bouclés, cela a définit le geste pour la nommer en langage des signes : une sorte d’imitation de l’ondulation de ses cheveux avec la main. Pour « Wilkie », il s’agit d’un W formé avec les doigts passé dans les cheveux, la lettre pour son prénom et le geste pour représenter ses cheveux mi-long. Il est de tradition que le nom en langage des signes soit donné par un sourd. Personnellement, je trouve ça trop cool. Et oui, ça donne le sentiment de faire partie d’un groupe, d’une communauté à part.

Wilkie et Daphne mangent un kebab, m’voyez ?

En gros, grâce à SAB,on apprend la tolérance, on apprend à voir les sourds comme des gens, pas comme des handicapés qu’on plaint parce qu’ils n’ont pas toutes leurs facultés. On les aime, on les déteste, comme n’importe quels personnages de la télé. Je vous encourage vivement à regarder cette série qui tourne bien sûr principalement autour de la communauté des sourds, mais qui aborde plein d’autres thèmes intéressants, notamment un des épisodes récent a osé aborder le viol et la question du consentement non consentement et de ses limites.

Je vous invite vivement à lire aussi cet article très intéressant de Marjolaine Boutet : http://seriestv.blog.lemonde.fr/2011/08/16/switched-at-birth-la-culture-sourde-a-lecran/

Zazou.

Une sélection de 9 livres (en Anglais) pour jeunes adultes

Pour nos lecteurs anglophones, voici une sélection de 9 romans pour jeunes adultes, ayant pour personnages centraux des sourds et malentendants.
Enjoy 😉

Read My Lips de Teri Brown

 

The Dark Days of Hamburger Halpin de Josh Berk

The Orange Houses de Paul Griffin

The Loser’s Guide to Life and Love de A.E. Cannon

Whisper de Chrissie Perry

Dragonswood de Janet Lee Carey

Five Flavors of Dumb d’Anthony John

Loving April de Melvin Burgess

Hear No Evil: Death in the Afternoon de Kate Chester

Des super-héros malentendants ?

Les comics ont depuis longtemps reflété une certaine image de la société, de ses valeurs. Qui est bon ? Qui est mauvais ? Que signifie être héroïque ou être maléfique ? Malheureusement, pendant bien trop longtemps, être un héro signifiait être en pleine possession de ses moyens physiques, être un homme blanc, chrétien et hétérosexuel. N’importe qui d’autre, tous les autres à vrai dire, étaient soit relégués au rôle d’acolyte du héro, ou au rôle de méchant. Pire, ils étaient carrément absents du tableau. Et franchement, quel est l’intérêt d’un monde où des communautés entières sont juste complètement laissées de côté ? Les personnages avec des « handicaps » ou issus de minorités n’avait tout simplement pas le droit d’être des héros.
Alors on pourrait nous répondre que les super héros ne sont pas censés représenter la réalité, qu’ils n’ont pas pour vocation de représenter tout le monde. Mais ce serait mal juger le poids des médias et de la fiction dans la manière que l’on a de voir le monde, de voir les personnes qui nous entourent, et dans l’évolution des mentalités.
Les femmes et les minorités ont finalement fini par faire de petites apparences dans les comic books à l’époque de ce qu’on l’on nomme L’Âge d’argent (1956-70) et l’Âge de bronze (1970-86) des  comics. C’est à partir de cette période que la représentation des minorités s’est améliorée et continue aujourd’hui encore à évoluer dans ce sens.

Qu’en est-il de la représentation des sourds ? Eh bien si elle est encore largement perfectible, il existe bel et bien des personnages malentendants dans l’univers Marvel.

Echo

Le premier est la super-héroïne Echo, de son vrai nom Maya Lopez. Déjà issue de la diversité (rendez-vous compte, c’est une femme ET EN PLUS une amérindienne, houlala.), les créateurs, David Mack et Joe Quesada, l’ont également créée sourde. (les mauvaises langues diraient qu’ils ont fait un personnage  avec le package tout-en-un, hop.)Echo apparaît pour la première fois en 1999, dans Daredevil Vol. 2, #9, puis dans les New Avengers et dans la nouvelle série de comics, Moon Knight.
Le personnage est décrit comme ayant une vision au-delà du commun, lui permettant de comprendre et de reproduire des sons en lisant sur les lèvres et imitant la position des lèvres de ses interlocuteurs. Dans les comics, sa capacité à communiquer est, toutefois, parfois limitée, en raison de sa surdité.
Si on peut saluer l’effort de représenter une personne sourde, qui , malgré ses difficultés fait face aux mêmes épreuves que n’importe quel autre héro de fiction et s’en sort avec brio, on peut regretter le peu de réalisme dans la manière de dépeindre la surdité.
En effet, si la lecture labiale peut-être d’une aide précieuse pour les malentendants, il faut savoir que ça n’est pas magique, et que pour une personne totalement sourde, elle ne permet de comprendre en moyenne seulement 30% du message oral de l’interlocuteur, ce qui signifie que les 70% restants sont plus ou moins de la devinette… C’est donc une pratique extrêmement fatigante, et loin d’être miraculeuse.
De plus, il y a parfois certains faits à propos de la surdité qui ne sont basés que sur des a priori, montrant que les créateurs ne se sont pas vraiment penchés sur la question, et ont simplement créé le personnage selon l’idée qu’il se faisaient de ce que c’est d’être sourd. Par exemple, dans Daredevil, Echo dit qu’elle ne peut pas communiquer par téléphone. Or, en 1999, il existait déjà le téléscripteur (ATS ou TTY), cet appareil à clavier qui permettait aux personnes sourdes de lire les messages écrits par leur interlocuteur (l’ancêtre du sms quoi) ; si l’appelant n’avait pas de téléscripteur lui-même, une autre solution était le Service Relais Bell, qui permettait à la personne sourde ou malentendante de communiquer avec son interlocuteur avec l’aide d’une troisième personne téléphoniste, qui jouait le rôle d’interprète et transmettait par écrit le message oral. Le rôle de cet intermédiaire est de transcrire les paroles de la personne qui entend pour la personne sourde qui les reçoit sur son téléscripteur. Aujourd’hui, la plupart des sourds et malentendants utilisent un téléphone-vidéo, permettant de communiquer en langue des signes, avec ou sans un intermédiaire interprète !
Bon, évidemment c’est peut-être exiger un degré de réalisme un peu élevé, pour un personnage de comics, mais ça aurait été intéressant de voir Echo vivre réellement comme une personne sourde de son époque et utiliser ce genre d’appareils et parler en langue des signes.

Hawkeye (Œil de Faucon)

Le second personnage, plus connu du grand public puisqu’il fait partie de l’équipe des Avengers, qui a eu le droit à son adaptation au cinéma, est Hawkeye (en français Œil de Faucon), de son vrai nom Clint Barton.
En 1984, Hawkeye est réellement le premier héro de comics a être ostensiblement sourd.
En effet, un moment de son histoire, ayant perdu environ 80% de son ouïe en voulant déjouer les plans d’un ennemi utilisant une arme supersonique, Hawkeye utilise une prothèse auditive et apprend la langue des signes. Si à ce moment-là cet aspect du personnage est plutôt bien développé, on peut regretter que les créateurs aient recouru à un stratagème (une assez longue histoire) pour lui faire retrouver ses capacités auditives, un peu plus tard dans ses aventures.
On déplore également que cette facette du personnage aient été complètement oubliée dans l’adaptation cinématographique… Un blockbuster comme les Avengers mettant en avant un personnage sourd aurait été vraiment une bonne chose !

Blue Ear : « Grâce à mon dispositif auditif, je peux entendre si quelqu’un a un problème » – « Quand le DANGER fait du bruit, The BLUE EAR répond à l’appel ! »

Ce dernier exemple est un peu particulier, puisque ce super héros, Blue Ear (« l’oreille bleue ») a été inventé tout spécialement en l’honneur d’un jeune fan de comics.

Malentendant, Anthony Smith, comme beaucoup d’enfants atteints de surdité, ne veut pas porter son appareil auditif. Fan de super héros , il s’identifie beaucoup aux personnages, et argumente que « les super-héros ne portent pas d’appareil auditif ».  Sa maman désemparée décide d’envoyer une lettre à la société Marvel pour faire part de cette situation. On aurait pu croire qu’une grosse société comme celle-ci n’accorde pas tellement d’importance à ce genre de requête, mais au contraire, Marvel démontra que c’était une question qui leur tenait à coeur.
Dans un premier temps, Bill Rosemann, un des éditeurs de Marvel a fait parvenir à Anthony une couverture du comics de 1984 et lui rappelle qu’Hawkeye, tout comme lui, est sourd et porte son appareil auditif ! Mais pour que le message ait encore plus d’impact, le dessinateur de Marvel, Manny Mederos, décide de créer spécialement un super héros qui s’inspire directement du jeune garçon. Il l’appelle Blue Ear, d’après le nom d’un des appareils auditifs d’Anthony et, décide que ce héros sera un petit garçon qui pourrait grandir et travailler aux côtés des héros de la série « Hawkeye et les Avengers d’un jour » .
Le jeune Anthony reçoit donc trois exemplaires originaux dessinés spécialement pour lui, et l’aidant à comprendre que son appareil auditif est digne d’un super-héros, et le motiver ainsi à porter sa fameuse « oreille bleue ».  Désormais, le petit garçon arbore fièrement son appareil auditif, et a un nouveau super-héro préféré !

Anthony, 4 ans, déguisé en Blue Ear
Blue Ear et Hawkeye

Ces exemples sont encourageants, et montrent qu’il y a non seulement une vraie demande pour une plus grande représentation, mais également que nos média préférés sont prêts à intégrer une plus grande diversité dans leurs personnages…

On attend la suite !

O’Malley

Rikki Poynter – Une Youtubeuse malentendante !

Récemment, grâce à un article sur madmoizelle.com, j’ai découvert la Youtubeuse américaine Rikki Poynter.
Rikki est une jeune fille intelligente et pleine d’humour. Amatrice de maquillage et un peu geekette, elle poste sur sa chaîne des vidéos au contenu diversifiées : tutoriels de maquillage, collaboration humoristique avec d’autre Youtubeurs, discussions sur sa vie personnelle… et toujours avec un ton léger, parfois un peu sarcastique.

Vous allez me dire, c’est bien joli tout ça, mais quel rapport avec ce blog ?
Patience m’enfin ! (Oui on me souffle dans l’oreillette qu’en fait, la réponse est dans le titre de l’article)

Car voilà : les astuces maquillage ne sont pas la seule chose intéressante sur laquelle Rikki partage son expérience. La jeune femme nous parle aussi dans ses vidéos de son expérience en tant que malentendante, qui doit faire face chaque jour aux difficultés de sa situation mais aussi aux clichés que tous les sourds rencontrent dans un monde d’entendants.

Dans une vidéo qu’elle a réalisé pour la « Deaf Awareness Week » (Semaine de la sensibilisation à la surdité), Rikki nous parle avec humour de ce que c’est d’être sourd, de la différence entre Sourd (avec un S majuscule), sourd, malentendant, de l’implant cochléaire, de ce qu’elle a aimé et ce qu’elle a moins apprécié dans la série Switched at Birth, de la nécessité des sous-titrages sur les vidéos Youtube pour permettre un meilleur accès à tous, et enfin de la nécessité pour la police d’être formée pour faire face à des malentendants, car les accidents sont encore trop nombreux…

La vidéo est en Anglais, sous-titrée en français, elle est un peu longue (22 minutes) mais elle vaut vraiment le coup 😉

Pour aller voir sa chaîne et ses autres vidéos, c’est par -> Là

O’Malley

La Famille Bélier

Bonjour :3

Récemment, je suis allée voir La famille Bélier au cinéma, j’y suis allée avec beaucoup d’aprioris malheureusement, après avoir lu quelques critiques, parfois négatives.

Celle qui m’a le plus marquée était celle qui disait qu’il s’agit d’un film pour entendants. Et c’est vrai. Il n’y a aucun sous-titre pour les passages où il n’y a que des personnages qui entendent et parlent. Les paroles de chansons ne sont pas sous-titrées non plus et le seul moment où il y a des sous-titres, c’est quand il n’y a que du langage des signes à l’écran. On ne montre pas assez toutes les différentes manières qu’ont les sourds de ressentir le monde autour, par le regard, le toucher ou les vibrations (choses qui sont au contraire très présentes dans Switched At Birth). On a juste l’impression qu’ils restent tout simplement entre eux, dans leur monde. D’ailleurs, la mère de Paula lui dit qu’elle avait pleuré à sa naissance, d’apprendre qu’elle était capable d’entendre. Comme si c’était une tare. Pas que je puisse affirmer quoi que ce soit, mais je trouve ce parti-pris osé, gonflé. Peut-on reprocher à un enfant de naître avec tous ses sens ? Ou l’inverse ? Après, ce n’est que mon point de vue. Certes cela marque une « différence » entre Paula et sa famille, mais cela contribue aussi à une certaine complémentarité au fond (la plupart des gens de connaissant pas le langage des signes, les parents de Paula pouvaient se servir d’elle comme d’interprète sur les marchés).
Il y a du pour et du contre.
Bon, après, l’intrigue du film ne tourne pas autour de la communauté sourde en particulier, mais surtout autour d’une adolescente douée pour le chant qui cherche à s’émanciper sans abandonner ses parents. C’est mignon et ça montre aussi que les sourds n’ont pas besoin d’être assistés puisque les parents finissent par la pousser à partir.

Zazou

Bienvenue…

Bonjour et bienvenue sur Deaf-Initiation
Sur ce blog, nous allons vous faire découvrir, au fil de notre propre initiation, la communauté sourde et malentendante.
Tout est parti de la série Switched at Birth, dirigée par Lizzy Weiss de laquelle nous sommes tombées amoureuses pour tout un tas de raisons (BEMMET <3), et en particulier pour la façon assez innovante dont la surdité est abordée. Étant toutes les deux entendantes, nous avons eu envie d’en savoir plus et de nous familiariser avec une communauté dont on entend (sans mauvais jeu de mot hein ^^’) finalement assez peu parler, et qui pourtant regorge de richesses. Nous nous sommes rendues compte que la fiction pouvait être une vraie porte ouverte sur une autre vision du monde, et avons donc décidé de voir comment la surdité était représentée, à l’écran et sur le papier.
Nous essayerons de partager ce que nous savons déjà sur le « monde » des sourds et, au fur et à mesure de nos découvertes, nous partagerons nos coups de cœur et nos réflexions.

See ya’round 😉

Zazou & O’Malley